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La Pêche et le numérique

Les outils sont là pour faciliter notre travail, le numérique est un outil.

L’idée que les monnaies locales complémentaires pouvaient voir le jour dans la France des années 2010 n’était pas liée à un logiciel. Chaque projet se fait connaitre par des réunions, des annonces de presse, des listes de diffusion et un site « web » (le nôtre est hébergé dans une coopérative française ouvaton, il utilise un logiciel gratuit et open source WordPress agrémenté de plusieurs extensions dont OSM et mailpoet). Les tâches de gestion commencées avec un simple tableur (feuilles de calcul) se poursuivent par ce moyen, pourtant des stagiaires et des développeurs indépendants nous ont fabriqué des maquettes d’outils plus « modernes », mais nous ne les avons pas adoptés du fait du non respect des principes de base d’une évolution pérenne et maitrisé qui sont :

  • le code du logiciel doit être public et de préférence gratuit (de nombreux utilisateurs vont le connaitre, de nombreux contributeurs vont le corriger, le faire évoluer)
  • le logiciel doit s’appuyer sur des standards et des briques déjà connues
  • il ne doit pas sortir d’un cerveau unique, même génial, ni reposer sur une seule compétence, celle-ci peut venir à manquer et l’outil à péricliter
  • comme le besoin est commun à plusieurs projets il faut s’entendre avec d’autres projets pour adopter/créer/adapter un logiciel commun plutôt que réinventer l’eau tiède chacun de son coté

Il faut aussi que le logiciel soit en adéquation avec les valeurs portées par le projet :

  • le logiciel doit tourner dans des serveurs proches, idéalement dans nos murs en tout cas en métropole et sous le droit français
  • il doit préserver les données personnelles et non enrichir Big Brother
  • les coûts de développement/adaptation doivent servir à construire durablement, c’est à dire à ajouter des briques réutilisables par tous (domaine public)
  • les développeurs, si ils doivent être payés, le seront à la tâche et non à l’usage.

On est très contents qu’une appli  ou un site très graphique soit développés pour la Pêche mais nous n’allons pas les utiliser pour les raisons ci-dessus, de nombreux services « gratuits » sont disponibles qui n’ont comme objectif que de devenir des monopoles privénothingtohides et de capter le maximum de vos données personnelles. Je vous conseille de (re)voir le documentaire de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic :

« Nothing to hide »

 

Une brique de gestion open source existe, c’est Dolibarr qui est un outil de gestion intégré pour une association ou une petite entreprise.guide_libre_asso
Plusieurs monnaies locales l’utilisent, en particulier pour suivre les adhésions des particuliers et entreprises. Cela semble une bonne piste à suivre, voire à compléter (création d’une extension pour monnaie locale par exemple). Nous commençons.
Voir le guide des logiciels libres  proposé par l’association April

Mais d’abord quel est le besoin ?

Tout bon projet commence par une définition claire des besoins, ce n’est qu’après que l’on regarde comment y répondre et quels outils utiliser et/ou créer. Nous avons besoin de communiquer avec le public, les journalistes et les adhérents (le site web et les réseaux sociaux font cela assez bien), nous avons besoin de gérer les adhésions et les comptoirs d’échange, nous avons besoin de gérer la comptabilité et le stock de Pêches. Nos accepteurs ont besoin de pouvoir s’échanger des Pêches de façon dématérialisée.

De notre point de vue, nous n’avons pas besoin d’un moyen de paiement électronique pour les particuliers, ce n’est pas ce que pensent certains projets comme l’Eusko et la Gonette, ni une position définitive mais ce n’est pas la priorité.

numériqueJe vous invite à réagir à ces éléments et aussi à (re)lire le billet posté sur le site national :
http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/le-numerique-en-reflexions/ 
Marc votre webmestre

 

3 réflexions au sujet de « La Pêche et le numérique »

  1. Merci Marc pour ces rappel des valeurs de base et des risques !
    OK sur tous ces points, sauf le dernier : La Pêche dit ne pas avoir de besoin de paiement numérique. Dans notre cas , l’Elef, c’est d’abord la capacité de payer en numérique qui est mise en avant, car elle permet de façon simple, de payer des sommes conséquente et des services qu’on peut difficilement payer en billet (assurance, garage, frais médicaux importants, ….) Ces montants conséquents permettent d’ augmenter les montants en circulation, donc de renforcer la monnaie locale !
    Et la numérisation des transactions permet de mettre en place pour la majorité des adhérents, des prélèvements mensuels automatiques avec virement sur le compte de chacun en MLC : par ex, 30 Pêches/mois changés et virés automatiquement sur le compte de 1000 adhérents, produisent une augmentation automatique de 360 000 P en circulation chaque année ! Un formidable levier de pénétration et donc de changement ! Pourquoi s’en priver ?
    Philippe Vachette, (L’Elef, Chambéry)

    1. Merci Philippe, c’est encourageant et je retiens ces cas d’usage, l’outil devra les favoriser mais il y a aussi des inconvénients : le paiement en euro par carte (avec ou sans contact) est devenu un geste banal et cela favorise l’achat « d’impulsion » (qui n’était pas planifié/prévu) nous ne sommes pas à la recherche d’un chiffre d’affaire maxi mais de nous ré-approprier la monnaie qui doit rester un moyen et non une fin. Permettre l’accès à un compte en ligne en MLC à des particuliers volontaires peut être une bonne deuxième étape après les comptes en lignes pour accepteurs volontaires.

      1. OK
        Mais payer chez le garagiste, le plombier ou l’assureur, c’est un montant de plusieurs centaines de MLC, et ce n’est pas de l’achat impulsif !

        Bravo pour la belle avancée ….qui donne la pêche !!!

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